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mercredi 5 mars 2014

Ma playlist Babyshambles

1. La Belle et la Bête (Down in Albion)

Témoignage ultime d'une histoire d'amour hype et vouée à l'échec. Les notes de guitare faussement sautillantes et en fait vraiment flippantes nous entraînent dans une descente aux enfers d'où nul ne sortira indemne. "Why did you do it to so many people?" Entre Kate-la-Belle et la drogue-la-Bête, la deuxième a fini par l'emporter...



 2. Pipedown (Down in Albion)

Pure giclée punk libératrice. Le décrochage de tempo entre le couplet posé et le refrain excité (les variations rythmiques sont une caractéristique du groupe, d'une chanson à l'autre et dans la même chanson) fonctionne à plein.



3. Unstookie Titled (Shotter's nation)

Peut-être la plus belle chanson de la playlist. Tous les instruments sont perceptibles dans une harmonie miraculeuse pour exprimer le désespoir. Pourtant la pop reprend le dessus à la fin.



4. There she goes (Shotter's nation)

Balade élégante à l'image des costumes de la vidéo. La chanson dépeint la dépendance à l'amour et à la drogue sans y toucher, comme le faisait la précédente "There she goes".



5. Fall from grace (Sequel to Prequel)

Voilà un vrai tube pop qui affiche des paroles décomplexées et plus légères. "On the horizon there's a little piece of land I aspire".



6. Lost art of murder (Shotter's Nation)

La chanson brise-coeur par excellence, sur le même thème que le "Manu" de Renaud. Qui ne ressent pas toute la mélancolie d'un amour perdu en entendant Pete sussurer "Me regarde pas comme ça / Elle ne reviendra pas"?



7. The blinding (The Blinding E.P.)

Présente sur un maxi de 6 titres sorti après le premier album du groupe, cette chanson montre une production bien plus léchée que celle de Down in Albion, volontairement laissée brute de décoffrage par Mick Jones. La vidéo, au diapason, montre une recherche et une volonté de séduire plus importante. Tout cela est remarquablement efficace.



8. 8 dead boys (Down in Albion)

Juste une excellente chanson rock qui parle d'être à côté de ses pompes: "The life that you wanted was not in store".



9. New Pair (Sequel to Prequel)

Comme souvent chez Babyshambles les mélodies rendent dépendants sans qu'on s'en rende compte. Ici la voix traînante sur "Yeaaaaaaaah that's you done" reste en tête longtemps...



10. Fuck forever (Down in Albion)

Devenue l'hymne du groupe, chanson finale des concerts, il y a derrière l'ironie agressive ("Allez vous faire mettre, si vous n'y voyez pas d'inconvénient") une mélancolie lucide ("I sever my ties because I'm so clever, but clever ain't wise").

dimanche 9 février 2014

Ma playlist d'Arcade Fire

Voilà les 10 chansons d'Arcade Fire que je conseille aux gens qui ne connaissent pas ou presque pas ce groupe.

 1. Haiti (Funeral)

Hommage onirique au pays d'origine de Régine Chassagne, fondatrice du groupe et chanteuse sur ce titre (comme sur 2 autres de la playlist). Elle ne s'y était à l'époque jamais rendue. Derrière une mélodie à siffloter gaiement, des paroles dures et bilingues. "Tous les morts-nés forment une armée".


2. Normal Person (Reflektor)

Rock parfait au riff imparable et aux paroles ironiques et rageuses.



3. The backseat (Funeral)

"I like the peace / In the backseat / I don't have to drive / I don't have to speak / I can watch the countryside / And i can fall asleep".
La berceuse qui accompagne la chute dans le sommeil est interrompue par la mort qui oblige l'endormie à sortir de sa torpeur et prendre le volant.


4. The suburbs (The suburbs)

Grandir en banlieue résidentielle, s'y ennuyer, en partir pour ne plus y revenir et puis faire un disque entier pour raconter comment c'était. "C'est en banlieue que j'ai appris à conduire. Tu me disais qu'on n'en sortirait pas vivant. Piquer les clefs de la voiture de ta mère et se barrer".


5. Ocean of noise (Neon Bible)

Slow triste et langoureux. Tout le monde a de bonnes raisons d'agir comme il le fait, et le temps n'arrangera rien. Il reste quand même une chance pour que ça fonctionne.


6. Power Out (Funeral)

1ère occurrence dans la playlist de leur genre de prédilection, la chanson héroïco-lyrique. Paradoxalement il on n'y parle de manque d'énergie, de perte de sens: "Ice has covered my parents' hands / Don't have any dreams, don't have any plans".


7. We used to wait (The suburbs)

Prise de distance dans les paroles avec l'univers virtuel ("Now our lives are changing fast / I hope that something pure can last"), qui reviendra dans l'album suivant avec "Reflektor" ("We're so connected, but are we even friends?").



8. Sprawl II (The suburbs)

Sur un sujet proche, Dominique A a fait avec "Rendez-nous la lumière" une chanson plus moralisatrice que celle-ci, qui imite une musiquette de supermarché pour évoquer l'écoeurement devant les zones commerciales se déroulant à l'infini et l'avenir bouché qu'elles semblent promettre.


 9. Antichrist Television Blues (Neon Bible)

La petite histoire de cette chanson, c'est qu'elle parle du père de Jessica Simpson, starlette américaine coachée par son père, très religieux. Ici on a un monologue halluciné d'un homme qui parle à Dieu en voulant se faire pardonner de se servir de sa fille pour échapper à un travail mal payé.


10. Porno (Reflektor)

Chanson à multiples tiroirs et facettes, le sens de ses paroles est pratiquement inépuisable, la musique se partage entre pop à saxophone des années 80 et électro pointue. On y parle un peu de pornographie, mais encore et toujours de mélancolie et d'inadaptation. "J'ai comme l'impression que je ne tourne pas rond".


Pour les curieux, voilà mes reprises d'Arcade Fire, juste moi et ma guitare acoustique : Normal Person, The Suburbs, Sprawl II.